Homo ecrantus

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Publicité des 50′s anticipant sur le futur, à voir sur :

http://www.vivelapub.fr/le-retrofuturisme-dans-la-pub/

Solitude du monde des images. Fausse convivialité.

(Dit-elle en écrivant son article sur son Dell …)

Regardons nos enfants regarder ensemble les écrans. Assis en batterie sur les bancs de la cour du lycée, ils se penchent vers un ailleurs, communiquent avec des invisibles, oubliant presque les visibles qui les accompagnent. Au journal télévisé, nulle personne interviewée supposée posséder une quelconque compétence n’apparaît plus sans ce nouvel animal de compagnie et nouvel appendice de l’intelligence humainequ’est l’écran d’ordinateur. Même l’éducateur est désormais supposé transmettre son savoir via les écrans du prêt-à-penser, comme si le tableau noir ne suffisait plus à introduire quelques lumières dans nos esprits surinformés.

Certes, ils regardent tous dans la même direction ; certes je peux provoquer cette expérience chez l’autre en lui montrant des images et la convergence des regards peut alors tisser du lien ; mais cela n’implique pas de voir la même chose ni le même sens dans l’image perçue ; chacun est renvoyé à sa propre subjectivité, au final, et la communication par les images ne permet en rien de dépasser l’écueil du solipsisme (la solitude de chaque conscience avec elle-même) ; au contraire elle l’accentuerait plutôt puisqu’elle nous dispense de tout commentaire linguistique, communication non linguistique ne permettant pas de discours ou de démonstration adéquate au ressenti : « l’en-deçà du signe, c’est l’au-delà de l’écrivain, son paradis perdu plus que sa terre promise » (R.Debray). Car en tant qu’intuition sensible, l’image nous saisit immédiatement, avant même que nous ayions le temps de l’analyser, nous hypnotise et nous possède avant même que nous ayions eu le temps de la réfléchir. Il faudra faire effort pour opérer un arrêt ou un retour sur image. Certes il y a là une communication sans langage qui se place au-delà de la barrière des langues (le cinéma muet est le plus universalisant à cet égard), mais il n’y a pas non plus de dictionnaire du sens du visible donc on  ne sort pas vraiment du solipsisme de la conscience : « L’œil écoute mais n’entend pas l’œil de l’autre » (R. Debray). Cela ne remplacera jamais le travail discursif de la raison logique qui permet d’échelonner dans le temps les étapes indispensables d’une pensée qui se déploie sur elle-même.

Ainsi l’image calme la solitude physique mais pas la solitude psychologique ; elle permet de comprendre mais pas d’expliciter. Il faut se résigner à la solitude du goût, se condamner à vivre dans la prison esthétique du moi, du « j’aime-j’aime pas », sans jamais pouvoir communiquer ni partager ce que nous ressentons avec d’autres, de fait ou de droit ; sans pouvoir non plus savoir ce qui se passe, à moins de l’accompagner de précautions oratoires. Et le monde des écrans nous le redit une nouvelle fois, confirmant ce que nous savions déjà, mais accentuant l’impossible communication fusionnelle avec autrui :

« Cette originalité lui donne une puissance de transmission sans égal. L’image fait du bien parce qu’elle fait lien. Mais sans communauté, pas de vitalité symbolique. La privatisation du regard moderne est pour l’univers des images un facteur d’anémie ». (Debray p. 60).

Lire : Vie et mort des images, Régis Debray

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