Sartre et le critique d’art

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Sartre choisit des artistes qu’il connaît et apprécie, et s’il se fait critique d’art, ce ne sera certainement pas pour ressembler à ces artistes ratés ou à ces « gardiens de cimetières » qu’il décrit dans Qu’est-ce que la Littérature ?: « Il faut se rappeler que la plupart des critiques sont des hommes qui n’ont pas eu beaucoup de chance et qui, au moment où ils allaient désespérer, ont trouvé une petite place tranquille de gardien de cimetière (…) Le critique vit mal, sa femme ne l’apprécie pas comme il faudrait, ses fils sont ingrats, les fins de mois difficiles ».

Le personnage de Gomez, réfugié de la guerre d’Espagne, permettra peut-être de clarifier cette notion de désengagement. Il est troublant de voir que, dans Les Chemins de la liberté, réfugié aux Etats-Unis et devenu critique d’art pour des raisons de survie (cent dollars contre une chronique sur Mondrian), nous retrouvons le général espagnol, qui ne désire plus peindre, dans une exposition temporaire consacrée à Mondrian, guidé par un autochtone du nom de Ritchie. Son dégoût de la peinture se focalise sur un peintre abstrait, dont le nom s’était vu modifié en Maudrian par l’édition originale.

Gomez souffre en effet d’une cataracte esthétique et ne parvient plus à regarder les peintures, cela ne lui dit plus rien ; tournant le dos aux tableaux, « il appu[ie] son front à la vitre et regard[e] au-dehors le bitume et le maigre gazon du jardinet », songeant à ce nouvel emploi qui va lui permettre de se libérer d’un fardeau biologique. 

« Je suis devenu aveugle (…) Je suis à point pour être critique » conclue Gomez, dépité.

 

 

 

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