Plan et citations de la conférence sur Sartre et l’espace

SARTRE : De l’espace perçu à l’espace pictural (en passant par l’espace imaginaire)

I)                    Petite phénoménologie de l’espace sartrien

a)       Espace en-soi versus temporalité du pour-soi

b)       Subjectivation / relativisation de l’espace

c)        Ni idéalisme, ni réalisme

d)       La caution de la physique quantique

 

II ) Suffisance du phénomène spatial : comment le décrire ?

a)        La suffisance du phénomène

b)       Pour une description phénoménologique de l’espace

 

III)               La fuite vers l’espace imaginaire selon Sartre

a)        Imagination versus perception

b)       Un espace imaginaire virtuel 

 

IV)               La peinture « existentielle » comme retour à un espace phénoménologique

a)        Profondeur versus perspective

b)       Le Tintoret, premier peintre de la profondeur et de la pesanteur

c)        La description impressionniste de l’espace chez Cézanne selon Merleau-Ponty

 

CITATIONS :

 

* « L’en-soi se dévoile à lui [le pour-soi] sur le mode d’extériorité qu’on nomme l’étendue » tandis que le pour-soi, « s’il n’est pas l’espace, c’est qu’il s’appréhende précisément comme n’étant pas l’être-en-soi » SARTRE (EN p. 225).

* « Dans le cas de la perception de la chaise, il y a thèse, càd saisie et affirmation de la chaise comme l’en-soi que la conscience n’est pas. Ce que la conscience a à être sur le mode d’être du Pour-soi, c’est de ne-pas-être-chaise » SARTRE (EN p. 179).

* « Ni l’espace n’est dans le sujet, ni le monde n’est dans l’espace », « C’est le sujet, le Dasein qui est spatial » HEIDEGGER (SZ)

* « Surgir, pour moi, c’est déplier mes distances aux choses et par là-même faire qu’il y ait des choses » SARTRE (EN p. 355).

* « C’est précisément en tant qu’il [le pour-soi] nie de lui-même l’extériorité en se saisissant comme extatique qu’il spatialise l’espace » SARTRE (EN p. 211).

* « La physique doit représenter une réalité dans l’espace et le temps, sans action fantôme à distance » EINSTEIN ; « Tu crois en Dieu qui joue aux dés et moi en des règles qui régissent un monde où quelque chose existe objectivement et que j’essaie de saisir de façon fortement spéculative » EINSTEIN à BORN   

* La particule élémentaire « n’est pas une particule matérielle dans l’espace et le temps mais seulement, d’une certaine manière, un symbole grâce à l’introduction duquel les lois de la nature prennent une forme particulièrement simple » HEISENBERG 

* « La causalité s’applique seulement à un système non perturbé » DIRAC

*« Rien n’est plus difficile que de savoir au juste ce que nous voyons » MERLEAU-PONTY

* « Ainsi nous sommes initialement dans une situation analogue à celle de l’aveugle de naissance qu’on vient d’opérer de la cataracte et qui, littéralement, doit maintenant commencer par apprendre à voir » HUSSERL (Philosophie Première II)

*« Il est vrai à la fois que le monde est ce que nous voyons et que, pourtant, il nous faut apprendre à le voir » MERLEAU-PONTY (Le Visible et l’invisible).

* « C’est le paradoxe de la peinture : elle fait tenir trois dimensions en deux. Chaque génération prétend saisir la troisième et l’installer dans les tableaux mais la génération suivante n’est pas dupe et démontre à ses adversaires qu’ils n’ont rien attrapé du tout » SARTRE (Saint Marc et son double)

* « La maison en elle-même n’est pas la maison vue de nulle part mais la maison vue de toutes parts » MERLEAU-PONTY (PP p.83).

* « On ne peut rien apprendre d’une image qu’on ne sache déjà » SARTRE (IMGR)

* « Le rêveur morbide qui s’imagine être roi ne s’accommoderait pas d’une royauté effective » SARTRE (IMGR)

* « Venise, c’est là où je ne suis pas » SARTRE (SIT IV)

* « L’espace anime New York, le traverse, le dilate » SARTRE (SIT III)

* « Tant que nous considérerons la toile et le cadre pour eux-mêmes, l’objet esthétique « Charles VIII » n’apparaîtra pas » SARTRE (IMGR)

* « Ce n’est pas seulement la matière même de l’objet qui est irréelle : toutes les déterminations d’espace et de temps auxquelles il est soumis participent de cette irréalité » SARTRE (IMGR)

* L’œuvre d’art, « c’est une ombre de temps, qui convient bien à cette ombre d’objet, avec son ombre d’espace » SARTRE (IMGR)

* [La perspective] « C’est cet espace sans cachette qui en chacun de ses points est, ni plus ni moins, ce qu’il est… l’espace est en soi, ou plutôt il est l’en soi, ou plutôt il est l’en soi par excellence, sa définition est d’être en soi. Chaque point de l’espace est et est pensé là où il est, l’un ici, l’autre là, l’espace est l’évidence du où ». MERLEAU-PONTY (OE p 47)

* [Chez Titien] « les pires ennemis sont secrètement réconciliés par les couleurs de leurs manteaux » SARTRE (SIT III)

* [Avec Le Tintoret] « pour la première fois dans l’Histoire », un tableau cesse « d’être une surface plate, hantée par un espace imaginaire pour devenir un circuit monté par le peintre, qui se referme sur l’aimable clientèle et la force d’intégrer sans en altérer la nature les objets à la réalité » SARTRE (Saint Marc et son double).

* « La peinture ne vaut rien à moins de rendre tout ; un tableau s’adresse à l’homme tout entier et non pas à la seule rétine » SARTRE (Saint Marc et son double).

* [Sur Le Tintoret] « La troisième dimension sur ses toiles n’est pas une erreur provoquée de la vue mais une illusion du cœur » SARTRE (Saint Marc et son double).

* « Moi je pense que Cézanne a cherché la profondeur toute sa vie » GIACOMETTI

* « La profondeur nous oblige à rejeter le préjugé du monde et à retrouver l’expérience primordiale où il jaillit » MERLEAU-PONTY (PP p 296)

* « La profondeur ne peut être comprise comme une pensée d’un sujet acosmique, mais comme possibilité d’un sujet engagé » MERLEAU-PONTY (PP p 309).

* « Le tableau comme œuvre d’art n’est pas dans l’espace où il habite comme chose physique et comme toile coloriée » MERLEAU-PONTY  (PP p 333).

* « Un événement au sens einsteinien dans un espace-temps, devenir et fracas pour l’humanité peinte, pour moi silence et repos d’une toile, voilà un tableau du Tintoret » SARTRE (La Reine Albemarle)

* « Pour l’artiste, la couleur, le bouquet, le tintement de la cuiller sur la soucoupe sont choses au suprême degré : il s’arrête à la qualité du son ou de la forme, il y revient sans cesse et s’en enchante. C’est cette couleur-objet qu’il va transporter sur sa toile et la seule modification qu’il lui fera subir c’est qu’il la transformera en objet imaginaire. Il est donc le plus éloigné de considérer les couleurs et les sons comme un langage » SARTRE (QL)

* « Cette déchirure jaune du ciel au-dessus du Golgotha, le Tintoret ne l’a pas choisie pour signifier l’angoisse, ni non plus pour la provoquer ; elle est angoisse et ciel jaune en même temps. Non pas ciel d’angoisse, ni ciel angoissé ; c’est une angoisse faite chose » SARTRE (QL)

* [Le Tintoret décrit] « la violence de cette pâte inhumaine et sans cesse brassée, l’étendue, ballotant dans ses flancs, étirant, comprimant, tordant, détordant des mondes, grumeaux d’espace » SARTRE (Saint Marc et son double)

* « C’est en prêtant son corps au monde que le peintre change le monde en peinture » MERLEAU-PONTY (L’œil et l’esprit)

* « La science manipule les choses et renonce à les habiter » MERLEAU-PONTY (L’œil et l’esprit)

* « Vivre dans la peinture, c’est encore respirer le monde – surtout pour celui qui voit dans le monde quelque chose à peindre, et chaque homme est un peu celui-là ». MERLEAU-PONTY

 

 

 

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